Je dis chaleur, et le jardin masse mes muscles préférés avec une lente dérision
Je dis danger, pour danser avec la distance loin du but
Je dis pleurs, pour nourrir l'oeil aride des rêves charpentés
Je dis eau, pour calmer la faim fluide de l'espoir
Je dis soleil, pour ouvrir la porte au bruit du réel
Je dis couleur, et les murs baissent leur garde pour porter une nuance
Je dis musique, et une boisson sucrée chatouille mes lèvres entre-ouvertes
Je dis rire, et l'horizon courbe à l'infini tendant sa main
Je dis odeur, et mon ventre chante une berceuse à l'ouverture du jour
Je dis regard, et tout devient souvenir dans une vision d'obscurité
Je dis bruit, et l'enveloppe glisse dans la fente de ma mémoire
Je dis vent, et la main trace l'heure avec une bobine de soi
Je dis observe, et mes cheveux se coupent en deux pour mesurer l'écart
Je dis framboise, et elles tapissent les veines des prairies avec des pépites d'or
samedi 7 mai 2011
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