dimanche 1 mai 2011

30/04/11 Sense and probability

La montagne somnole, acaparée par la chaleur sourde. Elle émet un soupir langoureux de lété oublié. Les moutons paissent l'herbe paresseuse. Les jours se ressemblent comme des jumeaux récalcitrants. On est là. On n'a pas le choix. On trace l'horizon avec son doigt pour couper le monde en deux. On transpire et le souffle dans ses narines vibre comme une plainte. La mer s'évapore et les nuages l'accompagnent. Les abeilles perdues friment dans les airs. On s'ennuie, on dessine des cercles avec ses pouces. On suce ses cheveux mal lunés. On inspire l'ailleurs pour supporter l'ici. La toux du ruisseau est grasse. Elle débite de l'insouciance litre après litre, comme une danse aveugle. On trempe ses pieds dans son ventre effervescent, à peine surprise par le froid dense et carré. On respire la verdure des ses rivages, sa douce mousse. On entend les minutes qui peinent à avancer. On est rodé. On se lasse. Les arbres indécents manquent de savoir-vivre. On le sent. On l'entend. Les fleurs des champs se donnent la main. On goûte leurs envies. On touche l'odeur des souvenirs en herbe. On caresse le goût de l'exile. On attend le miracle.