Ecrire,
C'est suivre son élan dans l'aventure de l'enfant. C'est essayer de nommer son désir.
C'est aussi un chemin vers soi-même et les autres - le pont du partage. Le moi universel.
C'est aussi la quête de la paix.
C'est encore l'alchimie du vécu et de l'haut-delà, l'ancrage dans l'iréel, l'envol depuis le réel.
C'est encore la cuisine hybride de l'actuel et de l'ancien.
C'est encore la différence entre deux mélodies.
Ecrire,
C'est parfois risquer de blesser pour s'approcher de son besoin.
C'est parfois s'apercevoir d'histoires enfouies.
C'est parfois l'impossible explosé.
C'est souvent la découverte de ce que l'on savait déjà.
C'est souvent l'effort et la frustration.
C'est souvent l'appréhension du génie sortant de sa lampe sans maître.
Ecrire,
C'est malgré tout le propre de l'être humain, le moteur de l'existence, le souffle dans le coeur, la nourriture de l'âme.
C'est toujours l'inattendu.
Ecrire,
C'est l'exploration.
C'est ce qui reste du temps à vivre.
Il est là mon bureau. Il est en forme d'haricot. C'est ma grand'mère qui me l'a légué comme si elle savait. Il est devant la fenêtre qui donne sur la rue. Il y a aussi une chaise avec des accoudoirs. L'ordinateur est en haut dans une chambre. Trop de fils sinon. Trop de risque que ce soit volé par un piéton malhonnête quand je suis pas là. Je n'ai pas de rideaux devant ma fenêtre. J'aime voir ce qui se passe dans la rue. J'aime voir les gens qui regardent au travers ma fenêtre avec des regards furtifs, des gens curieux démasqués. Je n'ai rien à cacher de toutes façons. La vie m'a rendue transparente malgré moi. Donc c'est l'endroit idéal pour écrire. Assez de place, assez de lumière.
On est agitée, fébrile, parfois peureuse de ce qui va s'en suivre.
On procrastine.
On veut préparer le canevas idéal.
On hésite.
On est prête à y croire.
On respire.
On est distraite mais volontaire.
On prend ses feuilles et son stylo.
On rassemble ses blocnotes, calpins, carnets où l'on a confié ses ébauches, ses rêves, ses inspirations, ses citations.
On les mets à portée de main à droite.
On relit ses anciens jets.
On reprend le fil.
On rajoute des mots.
On introduit ce qui manque.
On y va.
On s'envole.
On cale.
On fait une pause.
On boit un café.
On perd le fil.
On recoud par derrière.
On se lasse.
On réflechit.
On tire un blanc.
On attend.
On divague.
On pense à autre chose.
On boit son café.
On a mal au doigt.
On se dit qu'il faut descendre l'ordi d'en haut.
On monte pour s'en assurer.
On allume.
On se laisse distraire par un moteur de recherche de son écrivain préféré.
On se dit à quoi bon?
On oublie son café qui se refroidit.
On remettra ça à plus tard.
On se connait.
On sort faire un tour au soleil pendant qu'il y en a.
On rangera son bureau au retour.
On a tout son temps après tout.
La Tunisie, L'Egpyte, L'Algérie? - il y aura de quoi écrire...
samedi 12 février 2011
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