dimanche 30 janvier 2011

La gamme des couleurs - 29/1/11 Sos Phren Logos

A l'encre rouge j'écris les rouges à lèvres qui m'ont peinte et tirée vers les roses. Le fun, le plaisir, la mère, la dissonance, la douceur.

A l'encre orange j'écris pas grande chose. Elle m'échappe et pourtant elle a été là. La jeunesse. L'expérimentation. L'ouverture

A l'encre jaune j'écris la primevère. J'écris 'Aimes-tu le beurre?'. J'écris la boucle d'or. La chatouille, l'été vide, la chaleur.

A l'encre verte j'écris la robe zippée, la visite au frère, le nounours compagnon, la compétition sportive. J'écris l'uniforme, la cravate, le béret et blazer, la devise de l'école. Le bon et le mauvais, le moindre mal et la suite. La fidélité, la pérennité. La rassurance.

A l'encre bleue j'écris l'empreinte sur le doigt, le travail au propre. La pression. La satisfaction. L'apprentissage.

A l'encre indigo j'écris la myrtille. J'écris Le Petit Havre sur La Colline. J'écris les mains et les vêtements tâchés. L'ennuie. La pluie.

A l'encre violette j'écris parme. J'écris le magasin de bonbons. J'écris la limonade faite maison. J'écris la vie de la rue. La liberté. L'abandon.



Je vacille entre le vert et l'indigo. L'indigène et l'indignation. Le vert qui reste fidèle à mes paupières et mes papilles, gouteux comme les myrtilles cueillies sous la pluie fine de la fin de l'été vide. La feuille et le fruit nécessitant des centaines avant de suffire pour offrir une belle récolte. Bordant les chemins de la douce colline, peuplant le paysage de moutons et d'ardoise, la mer pourpre en bas au loin, l'herbe grosse et fluide verte mousse. Ecume de chlorophylle, fruits striés de sang mauve. La route vers l'automne semée de teintures mûries, investies et méritées.

La lumière déterminante quant au degré de verdure révélée - vert frémissante n'ayant point sa place à l'autre rive de l'été. La traversée sera longue dans ce pays anthracite. Réveille-moi lorsque les brins repoussent coquins et légers. Ni pomme, ni tilleul mais acide sous les yeux. Effervescence, tonique oculaire. Nul besoin de polychrome pour varier le plaisirs. Tout est là mon petit vert de ma grande terre. Tiges vertes ingénieuses. Vertigineuses.

Pour moi le vert c'est le vert citron, vert de tous mes âges. Ca commence avec mon nom, grec à la base s'il vous plaît. La jeune pousse. Le vert chante, enchante. La nature est le hasard. Le vert est voulu, pérenne et fidèle à mes attentes comme un goût qui ne change pas tout au long de la vie. Comment expliquer la fidélité d'une nuance? Le retour d'un teint? Ca ne se voit pas, ça se lit. Ca démarre. Ca demeure. Un cycle est né de cette couleur généreuse et omniprésente. Le feu vert à tous les possibles. Vertiges de la permission, de la transmission. Ver-t-baliser sa passion pour la vie, la vitalité, de ses vertus.