dimanche 4 mars 2012

Enf(r)ance

La petite fille fée fi des men-songes
Chez elle vie l'actrice de son histoire
Autrement

samedi 28 mai 2011

28/05/11 - O Tannenbaum

* Un homme se tue à Trafalgar Square. Une femme est activement recherchée. A 4h hier matin les pompiers ont trouvé le corps inanimé de Hector Grabiescu vers le Sapin de Noël nordique à Trafalgar Square. Il portait un déguisement de Père Noël et avait manifestement bu beaucoup d'alcool. Des témoins avaient remarqué une femme près de l'arbre peu avant le drame et affirment qu'elle est montée dans le bus n° 159 en direction de Streatham juste après sa chute'.

* Il était 3h du matin lorsque Deborah passa devant le sapin de Noël de Trafalgar Square. Elle avait froid même s'il avait cessé de neiger. Surprise de voir des emprunts menant droit au tronc de l'arbre elle souleva les yeux et vit un homme accroché en haut déguisé en père Noël en train de lancer des boules en bas dont une a failli l'atteindre. Il était visiblement ivre et en l'apercevant, se mit à chanter une chanson incompréhensible dans une langue que Deborah ne comprenait pas.

* A la fin du boulot je sortais du casino et et me disais que j'allais faire un tour à Trafalgar Square voir le Sapin. Pour une fois il n'y avait pas grand monde, même si c'est difficile à croire et en plus la neige s'était arrêté. La lune brillait à éclipser les lampadaires et je me dirigeai vers l'arrêt de bus pour prendre le bus de nuit. Quelque chose est tombé à mes pieds et lorsque je me suis levée la tête j'ai aperçu un homme déguisé en Père Noël en train de lancer des boules d'en haut du sapin. Il chantait, on aurait dit en polonais ou je ne sais quoi, et j'avais peur qu'il tombe. A ce moment mon bus est arrivé et je l'ai laissé en me disant que c'était surement une farce de fin d'année. J'avais froid et j'étais fatiguée. Qu'aurais-je pu faire?

* Je ne sais pas ce que je fais là. Mon pays me manque et toutes ces coûtumes chrétiennes me laissent perplexe. J'aurais dû rester chez moi où la neige reste blanche, pas souillie par le trafic infernal de cette ville. Masi j'ai grimpé maintenant et je suis coincé. Faut que je me décide. Si la boule tombe sur elle je vais demander de l'aide, sinon je vais sauter et tant pis pour l'Eldorado. Je verrai ça une autre fois.

* Tiens, c'est bien Noël. Mon père m'avait bien dit qu'ils étaient tous bizarres les humains à cette époque de l'année. Et voilà que l'un d'eux grimpe sur mon tronc. Il n'a pas l'air très bien dans son assiette par contre. Je ne sais pas si c'est une farce et pourqoui lance-t-il ces boules dans la neige? Il pourrait cogner la jeune femme qui arrive. Tiens, il neige plus. Je me demande si j'ose me secouer un peu pour déloger les derniers flocons qui restent. Et merde... désolé mon vieux, je n'avais pas pensé à ça. J'ai dû secouer une branche de trop là...

samedi 7 mai 2011

le langage au bout de ma langue

Je dis chaleur, et le jardin masse mes muscles préférés avec une lente dérision
Je dis danger, pour danser avec la distance loin du but
Je dis pleurs, pour nourrir l'oeil aride des rêves charpentés
Je dis eau, pour calmer la faim fluide de l'espoir
Je dis soleil, pour ouvrir la porte au bruit du réel
Je dis couleur, et les murs baissent leur garde pour porter une nuance
Je dis musique, et une boisson sucrée chatouille mes lèvres entre-ouvertes
Je dis rire, et l'horizon courbe à l'infini tendant sa main
Je dis odeur, et mon ventre chante une berceuse à l'ouverture du jour
Je dis regard, et tout devient souvenir dans une vision d'obscurité
Je dis bruit, et l'enveloppe glisse dans la fente de ma mémoire
Je dis vent, et la main trace l'heure avec une bobine de soi
Je dis observe, et mes cheveux se coupent en deux pour mesurer l'écart
Je dis framboise, et elles tapissent les veines des prairies avec des pépites d'or

dimanche 1 mai 2011

30/04/11 Sense and probability

La montagne somnole, acaparée par la chaleur sourde. Elle émet un soupir langoureux de lété oublié. Les moutons paissent l'herbe paresseuse. Les jours se ressemblent comme des jumeaux récalcitrants. Je suis là. Je n'ai pas le choix. Je trace l'horizon avec mon doigt pour couper le monde en deux. Je transpire et le souffle dans mes narines vibre comme une plainte. La mer s'évapore et les nuages l'accompagnent. Les abeilles perdues friment dans les airs. Je m'ennuie, je dessine des cercles avec les pouces. Je suce mes cheveux mal lunés. J'inspire l'ailleurs pour supporter l'ici. La toux du ruisseau est grasse. Elle débite de l'insouciance litre après litre, comme une danse aveugle. Je trempe mes pieds dans son ventre effervescent, à peine surprise par le froid dense et carré. Je respire la verdure des ses rivages, sa douce mousse. J'entends les minutes qui peinent à avancer. Je suis rodée. Je me lasse. Les arbres indécents manquent de savoir-vivre. Je le sens. Je l'entends. Les fleurs des champs se donnent la main. Je goûte leurs envies. Je touche l'odeur des souvenirs en herbe. Je caresse le goût de l'exile. J'attend le miracle.

dimanche 27 mars 2011

Un peu gauche - Alambic 26/03/11

On écrirait à la main sur les vagues avec l'écume pour encre et les algues comme plume. Les gouttes d'eau comme des diamants dansant dans la marée, les crabes pincant nos doigts d'auteur. On viserait l'horizon pour faire passer le verbe, et le message de nos textes s'échapperait de la bouteille des interdits. Les mots ondulent. Ils vont et viennent au gré des lunes, pleins par moment, éffacés et modestes par d'autres.

On soulagerait sa main dans les dunes dans la chaleur du sable, caché du vent salé. Nos mots sablés naîtront ainsi du sel et de la pierre, pimentés mais pas pétrifiés.

On goûterait le parfum du large. On se délecterait de l'union de la terre et la mer avec nos propres envies volant au dessus de la plage page où les seules lignes sont le ciel et l'eau infinis. Eblouis par tant de liberté, le canevas d'une vie choisie.

Mainstenant (Alambic 26/03/11)

Mains de farine
Mattes, blanches, hors service
Tant de surprises
Tant de gâteaux
Tant de bonheur
Nourrisez

Mains de médecin
Sures, compatissantes, protectrices
Tant d'histoires
Tant de regrets
Tant d'espoir
Continuez

Mains de musicien
Fluides, larges, débridées
Tant de force
Tant d'émotion
Tant de liberté
Enchantez

Mains de demain
Ouvertes, spontanées, vitales
Tant de possibles
Tant d'inconnu
Tant de temps
Rêvez

Mains de modération
Posées, calmes, justes
Tant de sens
Tant de pouvoir
Tant de bienveillance
Préservez

Mains de diamants
Brillantes, pures, rares
Tant de noblesse
Tant de valeur
Tant de vérité
Guidez

mardi 22 février 2011

l'ELLEphabet

Elle A de l'ambition
Elle B nit le jour où elle est née
Elle C ce qu'elle veut
Elle D die sa vie aux choses importantes
Elle E vre pour la paix
Elle F ectue des miracles chaque jour
Elle G nère de la bonne humeur autour d'elle
Elle H menu ses détracteurs
Elle I llustre le mot épanouïe
Elle J gote d'impatience de croquer la vie
Elle K lme les esprits excités
Elle L ague le bois mort de sa vie
Elle M écrire
Elle N de Troie était une terreur
Elle O se dire quand ça ne va pas
Elle P tille comme la Veuve Coquelicot
Elle Q mule les rôles sans broncher
Elle R ode les préjugés sur son sexe
Elle S quisse le dessein de son destin
Elle T moigne de beaucoup de courage
Elle U tilise son cerveau à bon escient
Elle V hicule des messages positifs
Elle W ritablement le plaisir d'une rencontre
Elle X fois s'est relevée pour avancer
Elle Y grècque comme la belle Hélène sus-citée
Elle Z sa place à la suivante