samedi 10 novembre 2018

Mandibule cubitus radius

Bonjour tout le monde.  Bienvenue à notre visite chair et os.  Tout d'abord je voudrais insister qu'il y a tant d'inconnu dans ce corps; ne soyez pas déçu(e)s des zones d'ombre.  Essayez de voir plus loin que le sac d'os que vous scrutez.  Prenez plutôt l'os d'oser comme lunettes de vue.  Constatons pour commencer quelques erreurs de jeunesse - sourcils épilés, oreilles percées, entorses non soignées stigmates de chaussures compensées.

Ce corps aurait pu se demander 'Vais-je payer la facture plus tard?' et répondre 'Oui, et alors?  Mieux vaut ça que d'aborder son enveloppe charnelle comme un carnet neuf que l'on a peur d'utiliser'.

Par ici, Messieurs-Dames.  On voit les traces du couteau qui a traversé non seulement le beurre mais le doigt qui le tenait nécessitant des points.  A ma droite la cheville tordue à répétition, sacrifiée sur l'autel des soirées Punk trop arrosées.

L'Espagne, c'est souvent l'Espagne.  L'orteil cassé en sortant de la piscine.  La cicatrice d'une plaie qui s'est infectée par un été chaud et moite sur une île de rêve pourtant.

Ne soyez pas surpris(e)s par les tâches sur les mains ou des trucs bizarres qui se poussent sur les bras, le torse, la nuque.  Au début on pensait leur donner à chacun un nom et noter leur date de naissance mais trop fastidieux à la longue.  Pas assez de personnel.

Admirez en effet ces magnifiques os bien visibles de nos jours qui se cognent pour un oui, ou pour un aïe faisant du copinage avec ce squelette espiègle, espion.  La gravité dans les pensées et dans les faits.  Tant de légèreté parfois pesante, parfois douce comme du velours porteur d'élan.

Ne bousculez surtout pas ce corps qui a traversé les années.  Il doit encore servir un bon bout de temps.  Du cartilage à Carthage il n'y a qu'un pas.  Punique ou pudique au choix.

mercredi 17 octobre 2018

Organes majuscules

Dattes noires, dattes lisses. Sur l'arbre, par terre. 
Mon estomac les récolte de manière exaspérante. 
Elles créent une mélancolie comme le vent, verte et irisée. 
Une faim de fin d'été. 
A l'aube ma soeur sera là pour chasser l'ennui.
J'ai hâte. 
Jamais l'abandon n'a autant étouffé la créativité.
Du soir à l'aube quelle transformation va s'opérer? 
La courbe du hamac libère la digestion. 
Le vent se lève, me berce. 
Le reste ce n'est que des manières, que des conneries. 

Ce matin ma soeur m'ouvre ses bras, pour ne pas me garder.  C'est pas sa faute; elle est piégée par le volcan écarlate de sa colère. 

Cet après-midi je vais être patiente comme la sève de l'arbre.  Mon intuition tranquille me libère de sa rage rouge sang.

Ce soir ces conneries doivent prendre fin.  Comment se délester de détester?  La romantique sèche que je suis peut toujours se mouiller.

Cette nuit mes poumons inspirent une tendresse puissante.

A l'aube je vais délivrer ma soeur de sa solitude.

samedi 22 septembre 2018

What's in a name?

Avant toute chose, avant que l'histoire ne soit close me voici.  Ca ne va pas être facile ni de tout repos.  La tâche va être ardue mais j'ai une chatte à mes côtés.  C'est un vrai poème.  C'est ma bohème à moi, ma tomate au taquet.  Elle ne mâche pas mes mots. Elle vient toquer à ma porte. Je la ramasse tôt ou tard.  La voici comme si elle a gagné au Loto.

Questions
que tu aimerais qu'on te pose- Tu vas y arriver?
que tu poses au monde - Je vais y arriver?
que tu poses à l'autre - Vas-tu y chercher ta place?

Eau - Je serais pétillante et fraîche, toujours  prête à venir à la rescousse des assoiffées de la vie.  Je nettoierais les plaies infectées de l'aridité de la pensée, je chasserais la sécheresse de l'esprit et la création ne tarirait jamais.

Oeuf - Je serais brouillé avant de reprendre mes esprits.  Je serais jaune jonquille.  Je serais laine de mouton en monticules sur l'assiette.  Je serais l'embryon victorieux.

Chat - Je serai moustaches majestueuses, je serais manteau de soie.  Je serais pattes de velours et griffes de pierres précieuses.  Je serais ni queue ni tête mais toute la bête, entière et fière.

La bougie de Michèle

Ca va bouger.  La flamme est forte, fragile aussi.  La lumière éclaire l'espace, accentue l'ombre.  Elle reflète les dessins de la paroi de ton existence.  Qui ne doute pas rend le curieux creux.  La fortitude est dans des questions sans réponse.  La certitude une vacance de l'imagination.  Sur l'écran de ta vie tu projettes tes rêves.  Vas-tu y chercher ta place?

dimanche 17 juin 2018

GOOD GRIEF I'VE BEEN BLOGGING FOR 10 YEARS - now how did that happen?

So yesterday's attempt to spruce up my visuals must have been a cyber instinct.  That said am not happy with the title layout that shouts at you and will have to figure out how to put it back to the kinder font of yore - at least I figured out how to rescue my sidebar.  Proud!

Here's to the next 10 years

samedi 16 juin 2018

Vision 20/20

Quand on a 20 ans
on ne le sait pas
On pense que l'on est grand
on est champion du monde
sous un drapeau fou

L'amour est un citron vert
pas mûr, pas fait en dur
à coeur ouvert
à chaque rupture
on pleure un peu
on meurt un peu

Quand on a 20 ans
La vie est une cour des miracles
en liesse, à fond la caisse
C'est un spectacle en accordéon
à couper le souffle

On met sa belle robe
on peint ses yeux
on sourit un peu

Quand on a 20 ans
la vie est longue
on la croit courte
et on la dépense
sans compter

Presque

dimanche 10 juin 2018

Málaga no me ha dejado - à la l(')is(i)ère d'un retour



Trop vert trop tôt
Même la carrière a bu
Je suis chlorophobe de tant de verdure
De vert doux
La terre ivre d'eau
Comme un poisson boit l'hameçon
Un filet de vert clair

Où est passée la palette andalouse?





Avec peu de mots en soute
Ma langue sourit
Mes yeux rient
Mon coeur chante
La frontière s'ouvre
La barrière cède
Je suis partie

Et là je bois le sable assoiffé
et le vent du désert qui
apporte ses tâches de rousseur

L'eucalyptus fredonne un air hors du temps
Les chèvres déclament leur vérité antique
Les oiseaux dénichés chantent plus fort
que des grenouilles amoureuses

Entre ciel et terre
l'encre coule
illumine les pensées
tel un phare sur le port

La lumière faiblit en pente douce
Autre monde que celui de la nuit
La lune berbère prend son temps
chatouille les étoiles
Dans un concert entre joie et peine
elle accomplit son oeuvre
Le pinceau des astres recouvre la colline
de son teint, exquis, archaïque,
Axarquia

dimanche 27 mai 2018

Zabor ou Les psaumes de Kamel Daoud

L'écriture est la première rébellion, le vrai feu volé et voilé dans l'encre pour empêcher qu'on se brûle.